Comprendre l'économie du donut pour y contribuer à travers l'investissement

Updated: Feb 22


L’économie du donut est un modèle économique qui a été décrit et dessiné pour la première fois par l’économiste Kate Raworth. Il s'inspire en partie des Objectifs du Développement Durable définis par les Nations Unies. Ils sont remplacés dans le donut par la notion de fondation sociale. C’est à dire l’ensemble des fondamentaux sociaux auxquels doivent accéder tous les humains : l’équité sociale, l’égalité des genres, un logement de qualité permettant l’accès à de l'énergie et à une eau propre, l’accès à de la nourriture, l’accès aux soins et à une éducation de qualité, dans des institutions justes et en paix, dans lesquelles tout individu possède une voix politique et où il est possible de travailler et de recevoir un salaire digne.



L’économie du donut s'inspire d'autre part, du modèle des limites planétaires établi par une équipe internationale de 26 chercheurs, qui identifie les 9 seuils que nous ne devons pas franchir si nous souhaitons continuer à nous développer dans des conditions favorables. C’est-à-dire, en évitant les modifications brutales, non-linéaires, difficilement prévisibles, et potentiellement catastrophiques de l’environnement.



Changer d'objectif


Le diagramme décrivant ce nouveau modèle d’économie prend la forme d’un donut (dont il tire son nom) et décrit un nouveau modèle de prospérité économique. Le trou central du modèle représente une société dans laquelle les personnes n'ont pas accès aux fondamentaux sociaux tandis que le bord extérieur représente une société dépassant les limites planétaires. Ainsi, une économie est considérée comme prospère lorsque les douze fondements sociaux sont réunis sans dépasser aucun des neuf plafonds écologiques.

Il est intéressant pour un individu de contribuer à cette prospérité puisque cela lui permet non seulement de dépasser les seuils sociaux mais également de conserver ces fondations sociales, en évitant les modifications sociétales brutales et peu prévisibles causées par le dépassement des limites planétaires.


Pour traiter ce nouvel objectif, Kimpa aborde l’investissement selon 3 dimensions : le risque, le rendement et l’impact. Nous pensons que le couple risque rendement représente une base financière à conserver lorsque l’on fait de l’investissement à impact. La 3ème dimension est le critère de mesure nous permettant d'évaluer la contribution d’un investissement à une société prospère selon la définition apportée par le modèle du donut. Cela permet de financer des projets, entreprises et fonds qui participent à l’économie réelle (et non spéculative) et contribuent tangiblement aux solutions des grands enjeux planétaires.



Les systèmes complexes


Aujourd’hui, on définit un prix comme l’intersection de deux courbes : l’une représentant la demande et l’autre représentant l’offre. C’est une représentation d’un équilibre plutôt simple de la valeur d’un bien ou d’un service. En réalité, la valeur est une dynamique bien plus complexe puisqu’elle dépend bien de sa rareté (l’offre et la demande) mais également de son empreinte écologique et de son empreinte sociale. Celles-ci peuvent avoir une rétroaction sur la rareté, et vice-versa.


La valeur d’un bien ou d’un service représente également ce qu’il coûte à l’environnement et à l’humanité. Si, pour consommer un bien, il faut que d’autres personnes s'en privent aujourd’hui, ou que dans le futur, par épuisement des ressources, elles se privent d’autres biens, il est normal que la valeur de ce bien soit élevée.


De même acheter et investir dans un bien ou service a un impact plus important qu'un simple retour sur investissement et déclenche des rétroactions positives et/ou négatives. Investir dans un bien commun, comme une forêt, dans le but de la préserver peut sembler proche de la philanthropie. Pourtant, cela peut aider à conserver la biodiversité, fertiliser les sols et créer une activité économique agricole, générant un retour sur investissement. De même, déposer un brevet pour le rendre public peut sembler contre-productif pour une entreprise, mais cela peut alimenter l’avancée technologique dans un domaine, et le rendre prospère alors qu’il ne l'était pas avant.


Une économie régénérative


Aujourd’hui le modèle de croissance et de prospérité est basé sur des ressources épuisables. En d’autres mots, pour créer de la valeur, on consomme des ressources plus rapidement qu’elles ne se régénèrent de manière naturelle. On tend donc vers une disparition de ces ressources avec un modèle économique non pérenne. L’économie du donut nous amène à changer de paradigme et à tendre vers un système régénératif par construction.


Une économie régénérative est une économie qui est construite sur une industrie qui consomme de la matière et de l’énergie plus lentement que sa production, sur une agriculture qui dégrade les sols et consomme de l’eau moins rapidement qu’elle ne se régénère naturellement et sur une consommation qui produit des déchets plus lentement que la vitesse à laquelle ils se dégradent ou sont recyclés.


L’objectif d’impact : une solution disruptive


Des solutions existent pour contribuer à changer de paradigme grâce à l’investissement et tendre vers ce nouveaux type de prospérité.

Par exemple, 2050 est un fonds de private equity à impact. Il n'investit que dans des solutions pour un futur fertile à travers 5 piliers : une alimentation de qualité pour nous et notre planète, la santé du corps et de l’esprit, l’éducation, les modes de consommation durable et une économie de confiance. Le fonds a une structure particulière, qui lui permet d’être gouverné à 100% par son écosystème, via un fonds de pérennité. De plus, c’est un fonds “evergreen”, qui n’a ni date de clôture ni une période d’existence définie. Cela permet à 2050 de financer des projets à impact sur le long terme, et de poser les bases d’un futur fertile.

Coté deals directs, Klim est une société Allemande qui a levé son tour de financement en amorçage de 1M€ en Mars 2021. Elle permet aux agriculteurs de passer à l'agriculture régénératrice à grande échelle en leur fournissant un soutien financier, des connaissances, des outils de documentation et une communauté via un compagnon numérique pour les agriculteurs.

ll est désormais possible d’exiger plus des investissements qu’un rendement ajusté à un niveau de risque. En ce sens, la finance à impact laisse entrevoir de nouvelles perspectives et de nouvelles opportunités afin d'avoir un impact positif sur le monde en contribuant par exemple à renverser cette limite planétaire.


Avec cet article, nous avons abordé l'économie du donut, nous avons expliqué son fonctionnement global, et décrit les moyens d'y contribuer. Il fait partie de la série “Les limites planétaires” qui explore les 9 seuils que nous ne devons pas franchir si nous souhaitons continuer à nous développer dans des conditions favorables. Retrouvez les autres articles de cette série ici.


Si vous souhaitez en savoir plus pour contribuer à cette limite planétaire par l'investissement, prenez contact avec l'équipe Kimpa :



 

Source : Kate Raworth Doughnut Economics, Seven ways to Think like a 21st-Century Economist

 
 

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